Pour les hommes,
bien sûr, mais aussi pour la pomme elle-même,
affublée dès cet instant d'une sacrée réputation.
Le Moyen-Age,
notamment,
n'aura de cesse que de représenter
le pommier comme l'arbre
tentateur,
rituellement surmonté de ce jeu de mots emblématique :
"C'est de la pomme qu'est né tout le mal"
Et pourtant !
Rien ne dit que le fruit
de la connaissance était
une pomme.
On peut même en douter et penser que l'analogie
entre les deux mots
latins désignant
la pomme (malum)
et le mal (malus)
est pour beaucoup
dans le choix symbolique de ce fruit.
Du reste,
la première évocation de
la pomme
comme fruit du péché originel
n'apparaît que vers le 5ème
siècle de notre ère !
S'il faut trouver une cause
à la réputation sulfureuse de la pomme,
sans doute est-ce du côté de son apparence même qu'il faut chercher
:
aucun fruit ne sait parler
comme elle de désir et d'amour à qui veut
bien l'entendre !
Il est vrai que d'Eve à Venus,
de Pomone (déesse de l'agriculture) à
Atalante
en passant par Marie
(souvent représentée avec l'enfant tenant
une pomme),
l'histoire de la pomme est étroitement liée à la femme.
La
femme, dont la pomme possède les rondeurs, la plénitude,
la carnation
douce et lisse....
sans parler de la chair, tendre et parfumée.
Loin des courbes féminines
et des joues de jongleurs,
les traditions
veulent aussi que
la pomme soit considérée
comme le fruit mythique et
mystique par excellence,
symbole d'immortalité, de sagesse
et de pouvoir
suprême comme la pomme d'or
qui, sous les empereurs romains,
représentait le globe terrestre ou le soleil.