Nous sommes déjà jeudi 2 Avril,
comme le temps avance vite...

 
J'honore
 avec beaucoup de plaisir 
le rendez-vous
 proposé 
par notre amie
Asphodèle

pour sa Poésie du jeudi !


J'ai choisi aujourd'hui 
un poème de Théophile Gauthier...



Camélia et Pâquerette


On admire les fleurs de serre
Qui loin de leur soleil natal,
Comme des joyaux mis sous verre,
Brillent sous un ciel de cristal.



Sans que les brises les effleurent
De leurs baisers mystérieux,
Elles naissent, vivent et meurent
Devant le regard curieux.


 

A l'abri de murs diaphanes,
De leur sein ouvrant le trésor,
Comme de belles courtisanes,
Elles se vendent 
à prix d'or.


La porcelaine de la Chine
Les reçoit par groupes coquets,
Ou quelque main gantée et fine
Au bal les balance en bouquets.



Mais souvent parmi l'herbe verte,
Fuyant les yeux, fuyant les doigts,
De silence et d'ombre couverte,
Une fleur vit au fond des bois.





Un papillon blanc qui voltige,
Un coup d'oeil au hasard jeté,
Vous fait surprendre sur sa tige
La fleur dans sa simplicité.







Belle de sa parure agreste
S'épanouissant au ciel bleu,
Et versant son parfum modeste
Pour la solitude et pour Dieu.


 

Sans toucher à son pur calice
Qu'agite un frisson de pudeur,
Vous respirez avec délice
Son âme dans sa fraîche odeur.

Et tulipes au port superbe,
Camélias si chers payés,
Pour la petite fleur sous l'herbe
En un instant, sont oubliés !




 Théophile GAUTIER   (1811-1872)
Photos personnelles de camélias du jardin.





Théophile Gautier,
 né à Tarbes le 30 août 1811 mais parisien depuis sa plus jeune enfance, est un poète, romancier et critique d'art français. 
 Il fait la connaissance du futur Nerval au Collège Charlemagne et s'intéresse très jeune à la poésie.

 En 1829,
 il rencontre Victor Hugo
 qu'il reconnaît pour son maître et participe activement au mouvement romantique comme lors de la fameuse bataille d'Hernani, le 25 février 1830.

 En 1852, paraît Émaux et Camées,
dont est extrait Camélia et Pâquerette,
 recueil de vers qu'il enrichit jusqu'en 1872 et qui fait de son auteur un chef d'école : Baudelaire dédie Les Fleurs du mal au « poète impeccable » 
et Théodore de Banville salue le défenseur de « l'art pour l'art », précurseur des Parnassiens à la recherche du beau contre les épanchements lyriques des romantiques

 et valorisant le travail 
de la forme
 (« Sculpte, lime, cisèle »
 écrit Gautier dans son poème L’Art, dernière pièce de Émaux et Camées, édition de 1872).

Il disparaît en 1872 
laissant l'image d'un témoin
 de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.


 Merci Isa de cette belle idée,
vous pouvez retrouver - ici -
 toutes les participantes à la Poésie du Jeudi.


Je vous remercie de votre visite
et je vous donne rendez-vous
très vite avec le thème
de notre Ronde d'Avril.

LylouAnne

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